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 Tribus propose d'explorer et d'analyser le fonctionnement des sociétés françaises et étrangères au travers des différentes communautés qui les constituent. Pour son premier numéro, le magazine se penche sur « Les gays du marais ».
Un reportage sans originalité d’Agnès Pizzini (réalisation de Marcel Bélanger) nous propose une visite guidée du Marais. Dès le premier plan, les téléspectateurs familiers des reportages sur le sujet constatent déjà que ce document va à la rencontre des mêmes témoins que de nombreuses autres émissions déjà diffusés sur le Marais.
On commence avec Bernard Bousset, propriétaire de plusieurs bars, qui nous propose sa visite guidée habituelle des petits commerçants du quartier... visite qui se termine toujours par un tour de son appartement. Après l’installation d’une cabine de douche panoramique dans sa chambre à coucher découverte il y a peu, nous ferra-t-il découvrir cette fois-ci les joies du bidet télescopique au milieu du salon ? Patience...
« J’ai mon médecin gay, mon pharmacien gay, mon avocat gay, mon architecte... tout le monde est gay » précise-t-il. On enchaîne avec la visite d’une boulangerie qui a raté sa vocation de sex-shop. Un inventaire de pains et pâtisserie en forme de sexe — déjà vus dans Le Droit de savoir en 2002 — nous met en appétit, mais la véritable innovation de ce reportage se trouve dans l’arrière boutique. Thibault, boulanger et acteur de porno à ses heures, nous y reçoit en insistant sur le fait qu’il fait « du porno gay, bien sûr ». Une précision utile au cas où les téléspectateurs à l’esprit mal tourné s’imagineraient déjà qu’il pétrit des miches en dehors de sa boulangerie. Fin de séquence.
Le suspense est à son comble, verra-t-on enfin le bel appartement de Bernard Bousset ? Point de bidet mais on a bien le droit à une rapide visite. La seule vraie innovation de Bernard sera finalement le port d’une paire de lunettes bleues à la Michou du meilleur effet. Bernard a tenu son rôle à merveille. Rendez-vous au prochain documentaire sur le Marais...
 Le fondateur du SNEG passe la main à son actuel président, Jean-François Chassagne, et son compagnon Alain Dro. Après l’intimité d’un pot-au-feu dans la cuisine du couple, c’est parti pour une visite des établissements (du SNEG...) chauds, en commençant par un bar à sexe... Plans furtifs de la back room, des clients... l’ambiance se réchauffe et Jean-François Chassagne confirme : « Ça se passe très vite, la séduction peut durer quelques secondes ou juste un regard et suffire à ce qu’il y ait consommation sexuelle ». Le mot est lâché, la transition est parfaite pour parler d’argent.
L’homme d’affaire nous explique alors que les gays n’ont pas d’enfant et donc pas de charges, ils peuvent donc se consacrer à leurs loisirs. Une visite dans l’agence de voyage Eurogays et à la librairie Les mots à la bouche illustre cela à merveille. Avant ce qui va suivre, le téléspectateur a le droit d’assister rapidement à une épilation du torse et à une séance d’UV. Voilà pour le culte du corps, place aux drag queen...
« Regarde bébé, ça c’est du sein (...), j’adooooore ! » La séance d’habillage ne dure que quelques secondes, mais la bêtise ambiante est impressionnante. Autant en rire et profiter des instants de lucidité : « Si y’avait eu un Bac pour drag queen, je crois que j’aurais passé le Bac ». Un petit tour au restaurant, puis en boîte, et c’est déjà l’heure de l’addition...
Un barebacker nous explique le phénomène en quelques mots, il parle de criminel. Le commentaire de la voix off ajoute « le Sida a fait des ravages dans la communauté, malgré les millions de préservatifs distribués dans le Marais, la maladie a marqué la tribu à jamais. » La messe est dite.
La séquence sur le plateau qui suit — avec de nouveau Jean-François Chassagne, Alain Dro et Bernard Bousset — est du même niveau. Thierry Ardisson est en pleine forme : « Pourquoi les gays sont-ils plus portés sur le sexe que les hétéros ? »
  Fouad Zeraoui, fondateur d’une association d’homosexuels maghrébins français, essaye d’apporter un peu de contradiction face à une brochette de commerçants médiatiquement très entraînés. En vain. Le montage qui coupe ses propos et les invités qui l’interrompent lui laissent peu de temps pour s’exprimer : « Têtu, c’est Madame Figaro. C’est un magazine de consommation. Actuellement, être gay c’est être consommateur. Si ça se réduit à ça alors on est mal barrés ! » Le présentateur ne le laisse pas poursuivre. Dommage.
  Sur la prévention et le bareback enfin, Érik Rémès remplit parfaitement son rôle d’agitateur aux côtés d’un Guillaume Dustan égal à lui-même : « Taisez-vous Bernard Bousset, vous êtes stupide, vous n’avez rien à dire, tout le monde le sait ! ». Le public siffle, Dustan envoie promener tout le monde. La confusion est à son comble. L’objectif est atteint.
Voir également notre compte-rendu sur les réactions à l'émission.
Tribus « les gays du marais »
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