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Format : Panavision 2.35:1 // Son : Dolby Digital/ DTS
Le dernier film de Ferzan Ozpetek, réalisateur gay de Hammam et Tableau de Famille, tourne également autour du sujet de l'homosexualité.
Il a construit cette fois-ci son recit autour de la vie d'un jeune femme (Giovanna) en panne dans sa vie professionnelle et personnelle. La rencontre impromptue d'un vieil homme amnésique (Simone) et sa volonté de rechercher les cicatrices de son passé vont la faire réaliser que sa vie, elle aussi, a besoin d'autre chose.
Les histoires d'amour de ces personnages que rien n'aurait du se faire rencontrer se renvoient l'un à l'autre, comme par un miroir. Son désir secret pour son voisin d'en face (Raul Bova) va se révéler au fur et à mesure qu'elle comprend l'étendue de la détresse de Simone. Celui-ci parle à une personne imaginaire et fait une déclaration d'amour inopinée en plein café à Raul Bova. Celui-ci comprend la situation, que ceci ne s'adresse pas à lui et croit que Simone parle à une femme...pas du tout. Simone erre dans Rome à la recherche de Davide, son amant de 1943, disparu lors d'une rafle dans le ghetto de Rome... l'amour est si fort que la raison vacille, jusqu'à prendre le prénom de son cher disparu. Et qu'un autre secret, plus terrible, ne fasse surface. En comprenant ceci, Giovanna décide d'aller plus loin dans sa recherche du passé..et don, d'elle même.
Simone sert en fait de trait-d'union, de révélateur à Giovanna. mariée à un être bon mais incapable de faire face à la réalité et elle-même trop emprunte de réalité, elle sent son existence dévisser. L'échappatoire, c'est une autre vie, celle de la fenêtre d'en face : le miroir d'un vie révée. Il existe dans le film une phrase de Simone/Davide qui résume tout à fait ce qui s'en dégage : "Il faut exiger de vivre une existence heureuse et pas se contenter d'en rêver. Moi, je n'ai pas pu".
Très touchant, sans excès lacrimal ni verbal : La Finestra di fronte tranche avec les autres opus de Ferzan Ozpetek. Pus de porfessionalisme dans le traitement, sans personnges multiples qui éparpillent l'action. Giovanna Mezzogiorno fait office gueuleuse permanente professionnelle dans l'horripilant L'Ultimo Bacio/ Juste un baiser l'année dernière, elle est ici magnifique de retenue. Massimo Girotti, inoubliable dans Obsession et Senso de Luchino Visconti, doinne une performance remarquable (il est mort peu de temps après le tournage, le 5 janvier 2003).
Le seul reproche qu'on puisse lui faire (hormis le fait qu'il se sente obligé de remplir son film de jolis garçons inexpressifs), c'est que l'homosexualité est immanqublement lié au tragique. Déjà dans Hammam ou Alessandro Gassman se faisait assassiner en pleine rue. Tableau de Famille voyait l'amant de Stefano Accorsi se faire renverser... en pleine rue. Ici, c'est l'histoire qui sépare deux hommes épris l'un de l'autre. Il est toujours agaçant de constater qu'en 2003 et après maintenant 4 films du même réalisateur, le tragique prend le pas sur le reste. Il n'y a pas d'amour heureux? Encore un effort, parce que dans vingt ans , on y sera encore.
Sorti en Février 2003 en Italie, il y a remporté un énorme succès (près de 2 millions de spectateurs dans la Péninsule). Le film est inédit en France, sans de prévision de sortie nationale. Il est disposnible en DVD Zone 2 (donc compatible avec les lecteurs français) Italien en version originale...sous-titrée en français, Format Widescreen 2.35:1 respecté avec transfert 16/9eme. pour les audiophiles, il existe une piste Dolby Digital 5.1 et une superbe piste DTS. Lédition spéciale offre également une deuxième DVD bourré de bonus (tournage, scènes commentées, interviews, bandes-annonces, etc...) |