Media-G - 01/10/2002 Bécyle ! |
Zap'cyng n°78
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Sur la foi d’une dépêche AFP [19/08/02] Le Télégramme [21/08/02] dresse le portrait de l’assassin présumé de Holly et Jessica et écrit : « Il avait été au bord de la dépression lorsque sa femme l’avait quitté quelques mois après leur mariage en 1995 pour son propre frère qu’elle a épousé en 2000. Quelques mois plus tard, sa mère quittait son père et emménageait avec une amie lesbienne ». Qu’est-ce à dire que cela ? Que sa mère était lesbienne et qu’il s’agissait donc de son amie ou qu’elle s’était trouvé une colocataire qui s’avère être lesbienne ? Il paraît indiscutable qu’il s’agit de la première hypothèse, l’ambiguïté de la formulation révélant avant tout une volonté de stigmatiser l’homosexualité : lira-t-on jamais qu’une femme ait emménagé avec « un ami hétérosexuel » ?
Non, on ne le lira pas car l’hétérosexualité n’est pas considérée comme un fait qui alourdit ce que Le Télégramme nomme un « passé familial chaotique ». On ne le lira pas mais, si l’on y regarde bien, l’hétérosexualité est pourtant la cause majeure de la dépression de notre assassin présumé. Reprenons ce qu’a écrit Le Télégramme en nous attachant à mettre en évidence les orientations sexuelles de chacun : « Hétérosexuel, il avait été au bord de la dépression lorsque sa femme hétérosexuelle l’avait quitté quelques mois après leur mariage en 1995 pour son propre frère hétérosexuel qu’elle a épousé en 2000. Quelques mois plus tard, sa mère bisexuelle quittait son père hétérosexuel et emménageait avec une amie lesbienne ». Cela alourdit le style mais tout s’éclaire ! Dans cette famille, nous avons quatre hétérosexuels, une bisexuelle et une lesbienne.
La source du chaos se situe donc une orientation sexuelle majoritairement hétérosexuelle avec, pour corser la chose la présence d’une bisexuelle. On peut en effet dire sans crainte « corser » car la bisexualité assombrit de fait le tableau clinique, Madame H ayant définitivement établi dans son Petit illustré que « Certains bisexuels présentent des symptômes schizophréniques » [Le petit Madame H illustré (2002)]. Je sais, j’abuse. Rien ne nous dit que cette mère était bisexuelle : peut-être était-ce une lesbienne refoulée qui a enfin pu vivre son homosexualité. Dans ce cas, cela nous ramène à quatre hétérosexuels pour deux lesbiennes… La balance penche toujours en défaveur de l’hétérosexualité et c’est si évident que cela aurait été enfoncer une porte ouverte que de le préciser. Suis-je bien idiote que d’avoir présumé un instant l’homophobie de l’AFP et du Télégramme. Je me s’cuze.
Cy Jung, 1er octobre 2002
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