Pour saluer le succès de Paris-Plage, Le Monde [19/08/02] a proposé un large bilan de cette animation estivale qui a accueilli deux millions de visiteurs et ce, sans omettre de revenir sur les propos homophobes d’Alexandre Galdin, élu RPR du 15e. Lors de la séance du Conseil de Paris du 8 juillet, il a déclaré « Nous allons avoir droit pendant tout l’été au journal de 20 heures à Alerte à Malibu sur Seine, avec peut-être même en guest star le maire de Paris en garçon de plage. » avant de conclure « Après la gauche austère qui a échoué et se cache désormais, nous allons subir la gauche paillette toujours en tête de la marche des fiertés homo, bi et trans. » Après les vives réactions sur les bancs de la gauche, Philippe Seguin a regretté cette « réaction ambiguë » d'un élu qui « n'avait aucunement l'intention de tenir des propos homophobes ou de blesser quiconque. ».
On le croit ? Non, les formules sont trop travaillées pour qu’elles soient mises sur le compte d’un dérapage et on ne peut oublier qu’Alexandre Galdin est issu d’un arrondissement dont le maire (René Galy Dejean) s’est déjà distingué dans le rejet de l’homosexualité. Après avoir été un farouche adversaire du Pacs, il a par exemple refusé de mettre un lien entre le site de sa mairie et celui de la ville consacré à la lutte contre le Sida : « Il ne s'agit pas d'un site de prévention ou de lutte contre le Sida mais d'une sorte d'incitation à l'homosexualité. Chacun est libre de ses comportements sexuels, mais en aucun cas les responsables que nous sommes n'ont le droit de se faire les chantres de ces comportements. » [Le Parisien, 24/04/02].
Voilà deux épisodes presque anodins où s’exprime l’homophobie, épisodes qui rappellent d’autres « dérapages », comme ceux des Grosses têtes. Certains politiques comparent le maire de Paris à un « garçon de plage » ; certains médias jouent la blague sur les « tantes » et les « pédales » ; un homme déclare à la police « J’aime pas les élus, j’aime pas la République, et les pédé, c’est pareil. ». Cherchez le lien : il s’appelle le populisme, celui qui discrédite le politique et flatte les phobies en tout genre. J’avais inscrit à mon programme ce Zap à la mi-août. Le hasard veut que je l’écrive le 7 octobre. Bertrand Delanoë est à l’hôpital. La classe politique et les médias s’émeuvent. La police est appelée en renfort. La vie reprend ses droits sans qu’aucune réflexion n’ait été engagée sur la démagogie ambiante et l’homophobie. Qui sera le prochain ?
Cy Jung, 17 décembre 2002
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