Depuis que l’anathème a frappé l’Église catholique américaine pour cause de pédophilie de quelques-uns de ses prêtres (avril 2002), Isabelle, chargée de la revue de presse de Media-G.net, a recensé une quinzaine d’articles où l’homosexualité est citée. Ceux-ci se répartissent en trois tiers égaux où l’amalgame est différemment pratiqué. Dans le premier, il est patent, ceux-ci reproduisant sans commentaires des propos de prélats qui établissent un lien direct entre la pédophilie et « l’ambiance homosexuelle » [La libre Belgique, 23/04/02] régnant dans les séminaires.
Le second tiers relate l’action du Vatican pour lutter contre la pédophilie. L’homosexualité y est citée dans la litanie des tabous de l’Église au même titre que le célibat des prêtres ou l’ordination des femmes, tabous qui plombent sa crédibilité à aborder toute question sexuelle : « Des rapports internes de l’Église mettent régulièrement en cause l’hypocrisie d’un système qui dissimule des transgressions comme l’homosexualité ou le concubinage. » [Le Monde, 24/04/02]. L’amalgame semble donc également consommé, au moins du côté des autorités pontificales.
Le troisième tiers de ces articles cherche à analyser les causes de cette dérive pédophile en affirmant la dissocier de l’homosexualité mais, bizarrement, en y revenant toujours. Le célibat est ici mis en cause, notamment parce que les « les prêtres voient leur activité et leur orientation sexuelle stoppées peu après leur adolescence. » [Le Nouvel Obs, 04/04/02]. Chacun se dédouane en précisant par exemple que « l’homosexualité n’est ici évoquée qu’en guise de parallèle » [Le Devoir, 24/04/02], mais le doute n’en demeure pas moins jeté dans les esprits.
En clair, quel que soit le but poursuivi par ces articles, ils en viennent tous à offrir à notre inconscient des arguments quant à l’existence d’un lien entre homosexualité et pédophilie. Mais il y a plus grave, au moins dans le procédé. Marianne [1/07/02], dans son article principal sur le sujet, use d’expressions qui, sans la nommer, renvoient n’importe quel inconscient à l’homosexualité. Il s’agit de « Prêtre sodomite » et de « Penchants », cités deux fois chacune. Et si l’on avait encore un doute sur le peu d’intégrité intellectuelle de cet hebdomadaire, il suffit de se reporter à un encart qui recense les cas de pédophilie pastorale en citant en bas de sa liste celui d’un prêtre « accusé de relations homosexuelles » comme s’il était tout à fait logique d’en parler ici.
Cy Jung, 3 septembre 2002
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