Jeudi 11 octobre, TF1, 20h55 : " À cœur perdu ", épisode d’Une femme d'honneur, série policière française.
Autant le dire d’emblée, je suis une fan de l’adjudant-chef Isabelle Florent et de ses compagnons de caserne : mon antimilitarisme en prend un coup mais bon, l’uniforme sied si bien à mes fantasmes de butch patentée… Ce n’est donc pas par pur dévouement à la cause de Media-G.net que je regarde cette série même si j’espère à chaque épisode qu’il y sera question d’homosexualité. C’est enfin arrivé et les espoirs que je formais en l’intégrité morale de la Gendarmerie Nationale n’ont pas été déçus. Chic alors !
Une jeune femme sort de prison. Quelques heures plus tard, on découvre son corps et mon adjudant-chef mène l’enquête. Très vide, la lesbienne que je suis sent venir l’homosexualité de la victime. La gendarmette est moins perspicace, je dois en convenir, et il lui faudra une moitié d’épisode pour enfin prendre conscience de l’évidence. Les choses alors se corsent : ce meurtre qui ressemblait à un règlement de comptes prend l’allure du crime passionnel. Qui est l’assassin ? L’ex-amante de la victime ? Le mari ? Celle avec qui elle projetait de refaire sa vie ? Mon adjudant-chef est perplexe. De l’autre côté de l’écran, je lui proposerais volontiers mon aide si tant est que j’y gagne un baiser… Un baiser d’Isabelle et je me damne. Pardon. Je m’égare.
J’en étais à la perplexité de ma gendarmette. Elle apprend que la victime a été condamnée à dix ans de prison pour avoir tué un homme qui agressait sa compagne. Elle ne comprend pas cette sentence qui indique que les jurés n’ont pas accordé à l’accusée les circonstances atténuantes. La mère de la victime lui explique que c’est à l’homophobie du président du tribunal que sa fille doit ce verdict. Mon adjudant-chef tombe des nues : comment, l’homophobie, cela existe encore ? Elle n’est pas au bout de ses découvertes : le père de la victime a banni sa fille ; son ex s’est mariée tant son homosexualité lui était difficile…
Ces révélations consternent Isabelle Florent. Quand le mari de l’ex parle de " l’erreur de jeunesse " de sa femme, elle le reprend " Parce que vous appelez ça une erreur ? " ; quand le père de la victime avoue sa honte, elle salue son repentir ; et quand l’ex passe aux aveux, elle a tellement fait montre de respect à l’égard des amours lesbiens que la passion qui explique le crime n’a plus d’orientation sexuelle. Merci mon adjudant-chef. Je vous aime.
Cy Jung, 20 novembre 2001