Europe 1 mercredi 27 février Pierre Thivolet
De 19 h 15 à 20 h, Pierre Thivolet donne la parole aux auditeurs. Mercredi soir, une auditrice est revenue sur l’affaire Fretté / CEDH. Mardi, faute de temps, elle n’avait pas pu être prise sur l’antenne pour répondre à un auditeur qui avait approuvé la décision des juges européens.
Julie : Je voudrais revenir sur le terme qu’un auditeur a utilisé hier, c’est le mot « famille normale ». Pour lui, apparemment, une famille normale c’est une famille hétéro et catho, et je n’adhère pas du tout à ça.
Pierre Thivolet : Pourquoi avez-vous compris qu’il voulait dire hétéro et catho ? Il pensait sans doute que la normalité c’est un père et une mère pour un enfant.
J : Moi j’ai trouvé qu’il avait un discours en tout cas hétéro. Donc il considérait qu’une famille normale est une famille hétéro. Et qu’une famille homosexuelle c’est une famille anormale. Moi, je ne peux pas être d’accord avec ça.
PT : Alors n’utilisons pas le terme de « normalité ». Mais vous ne pensez pas que l’on peut se poser la question et considérer que les conditions idéales pour un enfant c’est d’avoir un père et une mère qui s’aiment ?
J : Non, pas forcément. Un enfant a surtout besoin d’amour et je ne vois pas pourquoi un foyer homosexuel ne pourrait pas donner cet amour.
PT : On dit souvent qu’un enfant a besoin de pouvoir s’identifier, de se situer par rapport à une personnalité féminine et une personnalité masculine. Cela forme la personnalité le fait d’avoir des références à la fois maternelles ou féminines et masculines.
J : Vous le dites très bien, il faut qu’il se réfère à une personnalité féminine et masculine. Mais un enfant ne vit pas en vase clos. Dans un foyer il va rencontrer des maîtresses, des nounous… Des référents il en aura d’autres ailleurs. C’est justement aux parents d’expliquer que c’est une famille un petit peu différente mais que c’est une famille qui est pleine d’amour.
PT : Quand on vous dit que l’important c’est l’intérêt des enfants et que cette volonté de paternité ou d’adoption c’est d’abord quelque chose d’un peu égoïste qui ne tient pas suffisamment compte de l’intérêt des enfants. Vous n’adhérez pas à ce raisonnement ?
J : Non. L’intérêt d’un enfant c’est d’être dans un foyer aimant. Vraiment je ne comprends pas la différence que l’on fait entre homosexualité et hétérosexualité. Bien sûr le schéma classique c’est celui qu’on connaît, c’est celui que tout le monde accepte et c’est vrai que la plupart des enfants Dieu merci y évoluent normalement. Mais je ne vois pas pourquoi ils ne pourraient pas le faire aussi dans un foyer homosexuel.
PT : Vous avez quand même employé le terme « normalement ». Donc vous voyez…
J : Oui, évoluer normalement parce qu’il y a aussi dans des familles hétérosexuelles des familles qui malheureusement n’évoluent pas normalement pour des problèmes d’alcoolisme ou d’autre chose. Je trouve que s’arrêter à un choix de vie personnel - comme le choix de sa sexualité - en ce qui concerne l’amour qu’on peut donner à un enfant, je trouve - je vais encore une fois employer le terme - que ce n’est pas normal. Je trouve que l’ouverture d’esprit, c’est ce qu’il faut transmettre aux enfants. Qu’est-ce qu’ils vont voir aujourd’hui les enfants par rapport à ce qui se passe dans la presse ? Ils vont voir que pour des gens qui font un choix de vie qui leur est propre, pour obtenir ce qu’ils désirent vraiment, c’est-à-dire avoir un enfant, il va falloir qu’ils mentent sur eux-mêmes. Je trouve que ce ne sont pas de bonnes valeurs à transmettre aux enfants. Quelle image ils vont avoir de la société s’ils voient ça dans la presse ?
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